Sélection Désir

Lithographie de Miss.Tic

DÉSIR EN (plus ou moins) PANTOUNS

         Notre appel à pantouner le thème du Printemps des Poètes 2021 a reçu un nombre important de poèmes de qualité mais qui correspondaient à une rediffusion de notre appel de toute évidence ignorante de notre « mission » poétique essentielle. Ce qui a conduit à nombre d’envois qui ne pouvaient trouver leur place à Pantun Sayang, ce que nous regrettons vivement. Nous invitons donc ces auteurs, et tous ceux que la curiosité poétique amènera à ces échanges d’une totale originalité, à découvrir notre site, son blog, sa revue, ses publications, préalablement à tout envoi. Nous sommes les seuls à offrir un tel projet de créativité sur un genre peu ou mal connu, et notre site, qui existe depuis dix ans maintenant, est assez fourni pour répondre à toute interrogation préalable sur nos attentes.

Rappelons également que nous acceptons à tout moment des poèmes susceptibles d’entrer dans les diverses rubriques de notre revue semestrielle, Pantouns et genres brefs soit qu’ils correspondent à diverses formes marginales que nous ne publions pas dans le blog (pantouMs, formes brèves diverses, poèmes à « base pantoun »), soit qu’ils répondent à toute thématique libre.

D’autre part, le précédent appel à texte Couture en musique signalait notre prochaine publication d’un Dossier consacré à un recueil de pantong (pantouns) venus du cœur des îles des épices, Ambon. Vous trouverez ce XX° des Dossiers de Pantun Sayang en ligne sous l’onglet Publications, avec ses musiques puisqu’il s’agit d’Ambon, UNESCO city of Music 2019.
Bonne écoute, et bon voyage..!

Au plaisir de vous lire et de vous relire.

Pantun Sayang

Valeria Barouch

 Le milan épouse le vent
Pour se perdre dans les nuages.
Je me coule dans le divan,
Mais mes songes ne partage.

Les feuilles éclosent des bourgeons
Dans toutes les nuances de vert.
Au printemps le pire des bougons
Laisse parfois son cœur entr’ouvert.

Photoun de Valeria Barouch Cliquer pour agrandir

***

Noël Bernard

Au cep pèse la grappe et se bronzent les grains.
De la gourmande enfant le doigt se ferme et tire.
Nos yeux se sont parlé, se sont joints nos chagrins,
Par nos mains passa l’onde où nos soifs s’engloutirent.

Il monte, l’oiseau blanc, d’une volte puissante.
La lumière le happe. Il cherche le soleil.
D’une main, d’une peau, d’une étreinte fervente,
Trouvâmes le chemin d’un vertige vermeil.

***

Nathalie Dhénin

 A l’approche du désir

Enfants sous le kiosque à musique
Jeux  du chevalier et sa reine
A la gestuelle basique
La poésie est souveraine

Le chant d’un jeune troubadour
Trouble la belle alanguie
Premiers émois, premier amour
Une éternelle psalmodie

De leur nuit sous la pleine lune
Se devine son ventre rond
Lire la vie dans les runes
Quitter sa vie de fanfaron

Déjeuner familial sur l’herbe
Après, jeux de saute-mouton !
L’attrait est une scène ouverte
Aux découvertes en demi-ton

***

Patricia Houéfa Grange

Photoun de Patricia Houéfa Grange Cliquer pour agrandir

***

Olivier-Gabriel Humbert

Elles ne découpent pas pour le plaisir,
Mégachiles fécondant le sarrasin.
S’agit-il d’amour ou juste de désir ?
Elle doute de ce qu’attend son voisin.

Il vient de rater sa proie et illico,
Le chat se lèche et gère sa frustration.
Venant de lire le pied de Fumiko,
Ceux d’une consœur fixent son attention.

La bougie brisée s’est consumée,
Son parfum de muguet est dans l’air.
Ses yeux usés se sont allumés
Devant son gâteau d’anniversaire…

***

Cédric Landri

Sur la branche une libellule,
Sur la feuille une goutte libre.
Je rêve de mots funambules,
Je cherche souvent l’équilibre.

***

Jean Pouëssel

Montagne d’ennui soubresauts moqueurs
Lento se meuvent d’indolents zéphirs.
Je rêve d’Ambon de fragrantes fleurs
Mes pensées s’élèvent sur mes désirs.

Les écheveaux du temps en embuscade
La nuit m’enracine de ses yeux jaunes.
Je suis girofle, ylang-ylang, muscade
Le désir implore mon âme faune.

***

Yann Quero

Le sourcier prend son temps pour décider
l’endroit où il faut creuser le puits.
Pour sentir le désir se réveiller,
écoutez le démon de minuit.

***

Emma Rolland-Smili

Le parfum de la mandarine
réchauffe le cœur en hiver.
Tes yeux d’aigue-marine
enflamment mon univers.

Le linge aux fenêtres danse doucement
le vent ténu soulève les tissus.
Mes pas légers sur le sol virevoltant
réclament la brise inattendue.

***

Sylvia Rosset

Le soleil, la pluie ont eu raison de ses couleurs.
L’insipide fresque n’attire plus les regards.
Doucement la flamme s’est éteinte, plus d’ardeur.
Insidieusement l’amour a quitté sa mémoire.

Fragile pousse, fièrement dressée à l’ombre d’une souche,
Deviendra probablement un robuste chêne.
Elle s’assoit devant le clavier, pose ses doigts graciles sur les touches.
Déterminée, elle sera une grande musicienne.

***

Amélie Sapin

 Apparence

La beauté de la nature en hiver,
Sous une couche de neige, est emprisonnée.
L’être humain est corrompu dans la chair
De désirs superficiels passagers.

Âmes sœurs

Le sable est à jamais l’amant de l’océan,
Les étoiles, toujours suspendues au firmament.
Dans tes bras, me blottir, ne jamais vouloir partir,
Voilà, dans mon cœur, mon seul et unique désir.

***

Véronique Viala

 Retour du gel en ce printemps
Les cerisiers sont menacés
Trop tard pour rentrer maintenant
D’attendre mon cœur s’est lassé

la lune en son étang
se mire toute ronde
mimétiques souvent
les envies de ce monde

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