Vos englyns pour le numéro 36 !

Merci à toutes celles et tous ceux parmi vous qui ont répondu à notre appel à englyns gallois !

En avant-première de leur publication dans les pages de de notre numéro 36, nous vous proposons de les découvrir ici, sur le blog.

Pour rappel, il n’y avait pas de thème imposé pour cet appel. Et pour en savoir plus sur l’englyn gallois, vous pouvez vous référer à nos anciennes publications, essentiellement au dossier « L’englyn gallois » de Georges Voisset.

Bonne lecture et bon partage !


 

Georges Bonnemaison

Dans la rue ce livreur – un brise-oreilles.
Le chariot, le moteur,
les braillements, quelle horreur…
Pour le réveil, ce n’est pas l’heure !

***

Plus grand-chose à griffer, le Dragon Rouge.
Cardiff, le feu sacré,
les chœurs massifs, les trophées,
le rugby vif : essoufflés.

***

Va pas plus loin, David. On est vaincu.
Poings crispés, ventres vides,
gueules noires, regards livides.
Leurs cigares, leurs mains avides.


 

Teva Cheung

Au sein du silence, une musique
Lyrique qui se transmet
Dans le rythme des sonnets


 

Chris Falcoz

Frémissements féeriques

Les feuilles frétillent, pleines de vie
Une vie insufflée
Subtilement par les fées
Les folles fées de l’été


 

Chloé Gallien

Les mots souvent s’en vont, sans dire mot,
Par vaux et puis par monts,
Me laissant sans compagnons
Et trouvant le temps bien long.


 

Jassem Gheram

Dans le jardin des malheurs, s’apitoie,
Sous le toit des douleurs,
Une âme fêlée de pleurs,
Cette eau prisée par les fleurs.

***

Incliné sur son tapis, le vieil homme,
Est en somme, un impie,
Qui espère le répit,
Quand l’opposition glapit.

***

J’ai dilapidé mon temps, éphémère,
Et amer ; regrettant,
Je fais ce rêve éclatant,
Où brille l’ultime instant.


 

Olivier-Gabriel Humbert

Ce sont des planètes bleues, sœurs jumelles
Qui jamais dans les cieux
N’iront et j’en suis heureux :
Oh, je me perds dans tes yeux !

***

Près des flots de l’océan, à midi,
Elle lit sur un banc :
Vole un jeune goéland,
Une crêpe à un passant !

***

Pour le petit-déjeuner, deux croissants
Que tes dents ont croqué
Ont laissé comme trophée
Une miette sur ton nez

***

La soirée déjà enfuie, il reprend
Un mendiant et un fruit
Son chien finit les biscuits
Son chat commence sa nuit

***

Dans l’air sain sonne ancestral, ce trio.
Quel cadeau musical !
Pluvieux, venteux, végétal :
Libre est le lent récital


 

Cédric Landri

Le preux chevalier s’en va, loin des tours,
Sans retour, sans repas,
Pour oublier les ingrats,
Pour devenir renégat.

***

Égaré dans le désert, un garçon,
Sans boissons, ni repères,
Pense voir bateaux et mers,
Quelques cargaisons de bières.

***

L’horizon paraît si clair, tout là-bas,
Presque un bras, bras de mer,
Qui s’enfuit dans son repaire,
Avec ses doigts de lumière.

***

Tu déambules longtemps, sous la pluie,
En zombie, le pas lent,
En défiant les violents vents,
En traversant champs et temps.


 

Jean-Valéry Martineau

Suite celtique

Mage Merwyn
Chante, Merwyn à la bouche d’argent !
Les géants tu domines
Mage, amant ardent,
Enchanteur au vieux visage.

Les chevaliers d’Arthus
Cavalcade des fougueux destriers
Les chevaliers d’Arthus
Cherchent par monts et cieux
La voie vers les vertus.

Guenièvre et Lancelot
Les amants se cachent dans un huis
Clos, ni plaisir, ni amour,
La fuite des jours.
Guenièvre et Lancelot.

Galaad
Galaad, en quête du saint Graal
Par vals, par monts et par plaines,
Peu après Perceval
Victorieux contre le mal.